Patrick Ollier est devenu maire RPR (puis UMP) de Rueil Malmaison en 2004, quand le
précédent édile Jacques Baumel (décédé depuis), ancien résistant qui a côtoyé Jean Moulin, a décidé de prendre sa retraite après 50 ans de domination locale.
Décrié à l’époque jusque dans l’équipe municipale
malgré le soutien de son mentor, Patrick Ollier a réussi depuis à rallier la majorité sur son nom.
D’une ville à la campagne, Jacques Baumel avait
transformé Rueil Malmaison en cité du XXIe siècle, avec ses sièges sociaux amenant une manne importante de taxes.
D’une ville ouvrière et industrielle, Rueil Malmaison
est devenue la résidence de cadres moyens et supérieurs, de chefs d’entreprises, de vedettes de la variété et de la télévision… et même de la compagne d’un politicien d’extrême droite que je
répugne à citer ! Une ville qu'on truffe de caméras de télésurveillance, pour la tranquillité de ces électeurs de choix.
Il reste une enclave un peu moins aisée, appelée
jusqu’à récemment « la Fouilleuse », à la mauvaise réputation, qu’on a rebaptisé « Clos des Terres Rouges » sans que la vie des habitants de ce quartier en soit
améliorée ! Et la ville n'a pas atteint les 20 % de logements sociaux, dont on soupçonne qu'une partie est même occupée par des classes sociales qui ne devraient pas en
bénéficier.
Patrick Ollier veut faire mieux que son prédécesseur, il veut laisser sa propre empreinte et faire oublier la plaisanterie locale « POM, compagnon de MAM ». Il veut être lui-même et
non le mari de la ministre.
Après la création de « Rueil 2000 », devenu
« Rueil sur Seine », quartier de béton et de verre abritant de nombreux sièges sociaux de sociétés - y compris multinationales - et construit en quelques années pendant les mandats de
Baumel et d’Ollier (malgré une interruption pour non respect du Plan d’Occupation des Sols), il inaugure à tour de bras et cherche à attirer, à chaque fois, des figures politiques de droite, afin
de faire la preuve de sa gestion « exemplaire ».
Ses dernières œuvres en cour : un « pôle multimodal » de transport à la gare RER, une « usine à gaz » de ronds points dans la ville pour
ralentir la circulation.
Mais le problème de Monsieur Ollier est qu'il veut du consensus à tout prix. Alors, les décisions sont souvent très longues à
prendre. Le « pôle multimodal » a été attendu plusieurs années et la circulation commence sérieusement à s’engorger un peu partout, dans cette ville très vallonnée, où il est donc
un peu plus compliqué de faire circuler des autobus.
Le problème du transport public est d’autant plus
crucial que la ville est passée en quelques années de 60 000 à 80 000 habitants. Il faut noter que, contrairement à ce qui se passe, Patrick Ollier avait promis qu’on
n’augmenterait pas le nombre d’habitants, sachant que les structures actuelles n’avaient pas la capacité de les accueillir. Sur ce point, j’évoquerai notamment dans un autre billet le problème
qui se pose actuellement pour la garde des enfants. Mais l’on continue de voir croitre, comme des champignons, des résidences partout où un petit terrain se libère.
Pour autant, malgré cette augmentation de 30 % de la
population, ce qui n’est pas rien, on n’a pas augmenté la fréquence des autobus et du RER, dont la gare n’est elle-même pas très bien placée, à l’extrême nord de la ville et sachant que les
lignes d’autobus reliant la gare au reste de la ville cessent assez tôt leur activité en soirée. J’éviterai d’évoquer un projet de tramway qui doit desservir une partie des Hauts-de-Seine, dans
les limbes pour l’instant !
Vous imaginiez que Rueil Malmaison était une ville agréable à vivre ? On peut dire qu'il y a des efforts à faire pour y parvenir.